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Le bonheur était à portée de gants

Un morceau qui fait revivre avec émotion l'histoire du BC Choisy-le-Roi

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Il est des chansons qui ne naissent pas d’une ambition musicale, mais d’un besoin plus profond : celui de se souvenir, de rendre grâce, de dire merci. Le bonheur était à portée de gants est de celles-ci.

Écrite par Nasser Negrouche, ancien boxeur du BC Choisy-le-Roi dans les années 80, et mise en musique avec l’aide de l’intelligence artificielle, la chanson a reçu un accueil enthousiaste dans le monde de la boxe, et bien au-delà. « Au départ, je l’ai écrite pour les anciens du club. Mais très vite, elle a touché un public plus large, qui s’est reconnu dans les émotions qu’elle suscite », reconnaît l’auteur.

Ce projet est né d’une envie simple et profonde, qui habite Nasser depuis toujours : célébrer cette fraternité intense qui lie les combattants du ring, celle qu’il a vécue au Boxing Club de Choisy-le-Roi, particulièrement dans les années 80. «Pas seulement parce qu’elles étaient glorieuses, mais aussi parce qu’elles étaient innocentes, pleines de rêves et d’amitié», précise-t-il.

Illusions magnifiques

Cette chanson n’a pas vocation à raconter une histoire précise, ni à dresser l’inventaire des souvenirs. Elle cherche plutôt à faire ressurgir une atmosphère: celle des gants usés suspendus aux cordes, du ring vide après l’entraînement, des rêves immenses qui tenaient parfois dans une simple paire de bandages. Elle parle d’une jeunesse, de ses illusions magnifiques, de cette certitude naïve et puissante que le bonheur était là, juste à portée de gants. Séduire le Tout-Paris, boxer à Las Vegas, décrocher la ceinture verte et or de la WBC…

Champions reconnus ou boxeurs anonymes, nous étions avant tout des frères du ring, liés par la sueur, l’effort et une certaine idée de la dignité humaine.

« Dans cette petite salle du deuxième étage du gymnase René Rousseau, sans le savoir, nous avons partagé bien plus que des rounds et des séances d’entraînement. Nous y avons appris à tenir debout, à encaisser, à nous dépasser, à nous respecter, à tomber sans nous perdre. Champions reconnus ou boxeurs anonymes, nous étions avant tout des frères du ring, liés par la sueur, l’effort et une certaine idée de la dignité humaine », raconte Nasser.

Voix intérieure

Pour mettre en musique son texte, l’ancien protégé de Julien Teissonnières, figure emblématique et entraîneur mythique du BC Choisy-le-Roi, a fait le choix d’une composition musicale assistée par intelligence artificielle. « Comme vous le savez, j’écris, mais je ne suis pas musicien et je n’avais pas les moyens de produire une chanson. L’IA m’a permis de donner une voix sonore à ce que j’avais au fond de moi», explique-t-il. Après plusieurs tentatives, l’équilibre s’est imposé naturellement. « J’ai fini par trouver un son qui me convenait. Une âme musicale qui vibrait au même diapason que l’émotion de mes mots. » L’essentiel demeure pourtant ailleurs : dans l’écriture, dans la voix intérieure, dans le regard porté sur ces années magiques.

J’ai fini par trouver un son qui me convenait. Une âme musicale qui vibrait au même diapason que l’émotion de mes mots.

Le bonheur était à portée de gants n’est ni une chanson nostalgique au sens triste du terme, ni une tentative de figer ou d’idéaliser le passé. « C’est simplement une manière de rappeler que ce que nous avons vécu là continue de nous habiter aujourd’hui encore. Que ces années lointaines n’ont pas disparu : elles boxent toujours en nous, 30, 40, parfois même 50 ans plus tard…» Dans le silence d’un ring vide, au bout d’une paire de gants usés, il y a parfois toute une vie.

Aline Pommier

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